L’apport d’actions ou de parts sociales se pratique généralement dans un contexte de croissance externe de l’entreprise. Il est souvent rémunéré en titres de la société bénéficiaire, d’où l’appellation « échange de titres ».
Comment se définissent exactement l’apport et l’échange de titres ? Comment sont valorisés les actifs apportés ? En quoi l’apport de titres permet-il une optimisation fiscale ?
L’apport de titres est une opération au cours de laquelle la propriété d’actions (ou de parts sociales) possédées par un investisseur ou un associé dans une société A est transférée à une société B. En contrepartie, l’investisseur/associé est généralement rémunéré en actions ou parts sociales de la société B. On parle aussi, dans ce cas, d’échange de titres. En pratique, l’apport de titres au capital social d’une entreprise constitue un apport en nature.
L’échange d’actions ou de parts sociales se pratique souvent dans un contexte de
croissance externe de l’entreprise. Il s’observe notamment lors des OPE (offres publiques d’échange) des entreprises cotées en Bourse.
Dans le non coté, l’échange de titres peut, par exemple, être une
composante des opérations de LBO (leveraged buy-out, pour rachat avec effet de levier). Dans ce cadre, les titres de la société destinée à être rachetée sont apportés au capital social d’une holding, spécialement créée pour prendre le contrôle de la première société. Au lieu d’être vendus contre une somme d’argent, les titres de la société cible sont rémunérés en titres de la holding. Finalement, l’investisseur qui a cédé ses titres de l’entreprise rachetée n’est plus actionnaire ou associé de cette société, mais est devenu actionnaire ou associé de la holding. La société holding, quant à elle, détient tout ou partie du capital de la société cible.
Le transfert de propriété d’actions ou de parts sociales peut, par ailleurs, être réalisé entre une société et une holding dans une optique d’optimisation comptable ou fiscale. L’apport ou l’échange de titres s’inscrit notamment dans les montages « d’apport-cession », prévus pour optimiser fiscalement la cession ultérieure d’une entreprise.
Lors d’un échange d’actions ou de parts sociales, il est nécessaire de
fixer la valeur des parts ou actions
apportées afin de déterminer la quantité de titres que l’investisseur recevra en guise de règlement.
La valorisation de titres non cotés passe par la valorisation de la société dont ils sont issus. Cette valorisation peut être réalisée avec une approche patrimoniale (basée sur le calcul de l’actif net de la société) ou économique (basée sur la performance). Une méthode comparative, reposant sur l’étude de la valeur d’entreprises concurrentes, peut aussi être utilisée, tout comme l’application de barèmes en pourcentage du chiffre d’affaires réalisé. Le choix du procédé de valorisation le plus adapté à l’entreprise et sa mise en œuvre sont des tâches idéalement confiées à un expert-comptable.
Dans certains cas, la nomination d’un commissaire aux apports est nécessaire, notamment si la société à laquelle les titres sont apportés est une SARL. Cet expert va analyser et prendre position sur la valorisation des titres préalablement effectuée.
Les actions ou parts sociales sont
valorisées à leur valeur à la date de l’opération d’apport, ce qui permet souvent à l’investisseur qui apporte ses titres d’enregistrer une plus-value. S’il n’est pas possible d’obtenir une conversion parfaite entre les titres apportés et reçus,
une soulte est perçue ou versée par l’investisseur
pour compenser la valeur résiduelle. Il est à noter qu’il est possible d’abandonner cette soulte pour simplifier les opérations.
Lors d’un échange de titres, les règles législatives et statutaires liées à l’agrément sur la cession de parts sociales ou d’actions sont applicables. Selon ces règles,
un agrément doit obligatoirement être validé par les associés de l’entreprise d’où proviennent les titres, si les titres échangés sont des parts sociales de SARL.
Concernant les démarches de transmission des actions ou parts sociales :
L’apport de titres issus d’un plan d’épargne en actions (PEA) est réalisable, à
condition (1) :
L’apport de titres depuis un PEA en échange d’actifs non éligibles au PEA (par exemple, des actions d’une société domiciliée hors de l’UE) n’est pas admis. L’inscription des titres non éligibles sur le plan entraînera sa clôture.
Bon à savoir : Il existe des exceptions concernant l’apport de titres inscrits sur un PEA en l’échange d’actifs non éligibles. L’opération pourra être menée sans entraîner la clôture du PEA si les titres sont échangés dans le cadre d’une OPE, d’une fusion ou d’une scission, et si la société à laquelle sont apportés les titres n’est pas soumise à l’IS (ou impôt équivalent). Les titres non éligibles devront être inscrits sur un compte-titres ordinaires, et l’investisseur devra effectuer verser un montant égal à la valeur des titres non éligibles sur son PEA dans un délai de deux mois (2).
L’apport d’actions ou de parts sociales avec échange de titres est considéré comme une
cession à titre onéreux, avec un règlement en nature. Pour l'investisseur ou l’associé qui a apporté ses titres, la plus-value tirée de l’opération est, en principe, soumise à l’impôt sur le revenu.
Certains mécanismes lui permettent toutefois de profiter d’une taxation différée de sa plus-value. Si la société vers laquelle a été effectué l'apport de titres est contrôlée par l’investisseur,
un report d’imposition est applicable (3). Ce cas se présente, par exemple, quand des titres sont transférés entre une société et une holding détenue par l’investisseur ou l’associé, dans un objectif d'optimisation patrimoniale ou fiscale.
Si la société bénéficiaire n’est pas contrôlée par l’investisseur, mais soumise à l’impôt sur les sociétés, l’investisseur peut bénéficier
d’un sursis d’imposition
(4).
Le report et le sursis entraînent tous deux une imposition ultérieure. Leur mécanisme est quelque peu différent. Dans le cadre d’un report d’imposition, la plus-value est déterminée et déclarée au moment de l’échange de titres, mais elle n’est effectivement taxée que lorsque les titres reçus sont cédés. Dans le cadre d’un sursis, la plus-value n’est pas enregistrée au moment de l’échange, mais déclarée et imposée lors de la cession à titre onéreux des titres reçus.
Bon à savoir : Le report ou le sursis d’imposition s’applique pour les échanges de titres avec versement d’une soulte à l’investisseur, à condition que la soulte n'excède pas 10 % de la valeur nominale des actifs reçus. La plus-value à concurrence du montant de la soulte reste imposable immédiatement.
L’apport-cession d’actions ou de parts sociales
Un investisseur ou un entrepreneur qui envisage de céder une société qu’il détient peut mettre en place
un montage dit « d’apport-cession ». Il pourra ainsi profiter du dispositif de report d’imposition précédemment cité sur la cession de son entreprise.
L’apport-cession se déroule comme suit :
Dans le cadre du développement de notre solution Catalizr, nous souhaitons prendre en charge un maximum de démarches sur la souscription et la cession de titres non cotés, notamment les acquisitions par apport/échanges de titres.
La nouvelle version de Catalizr permet dorénavant de gérer ces parcours complexes, rendant simples les cas les plus spécifiques tels que le traitement de la soulte ou encore le fait que la nouvelle société non éligible PEA/PME.
L’intérêt premier du mécanisme d’apport-cession, c’est de permettre à l’investisseur de consacrer la totalité du capital tiré de la vente de son entreprise à de nouveaux investissements (par l’intermédiaire de la holding). Autrement, il devrait en affecter une fraction au paiement immédiat de l’impôt sur les plus-values. L'exonération d’une partie de la taxation (exonération de la plus-value de la holding), lorsqu’elle est possible, est un avantage supplémentaire.
1
https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/1556-PGP.html/identifiant%3DBOI-RPPM-RCM-40-50-20-20-20170925
3 article 150-0 B ter du Code général des impôts
4 article 150-0 B du Code général des impôts
Grâce à notre solution
nous bouleversons le secteur du non coté.
Il parait que c'est compliqué de faire simple... Nous, on le fait !
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